Qu'est-ce qu'un cercle de femmes ?
Un cercle de femmes est un petit groupe qui se réunit, en rond, pour se parler et s'écouter selon quelques règles simples. Derrière cette définition sobre se cachent des pratiques très diverses, des héritages anciens et un regain d'intérêt récent.
Une définition simple
Ce qui fait un cercle, ce n'est ni le lieu ni le thème, c'est le cadre. Une organisatrice, qu'on appelle parfois « gardienne » ou « facilitatrice », réunit un groupe restreint à intervalles réguliers. Elle ouvre et ferme la rencontre, garantit les règles et veille à ce que chacune ait sa place. Les règles, elles, sont presque toujours les mêmes : la confidentialité de ce qui est partagé, la parole à tour de rôle sans interruption, l'écoute sans jugement ni conseil, et la liberté de se taire.
La disposition en rond n'est pas un détail. Il n'y a pas d'estrade, pas de premier rang, pas de spectatrice : chacune voit toutes les autres et se trouve à égale distance du centre. C'est cette horizontalité, plus que n'importe quel rituel, qui distingue le cercle d'un atelier ou d'une conférence.
D'où vient la pratique
Se réunir entre femmes pour parler n'a rien de nouveau. Les veillées, les lavoirs, les ouvroirs ou les fontaines de village ont longtemps été des lieux de parole féminine, où se transmettaient savoirs pratiques, nouvelles et confidences. Beaucoup de cultures connaissent aussi des cercles de parole rituels, et le « bâton de parole » qu'on voit circuler dans certains cercles français est un emprunt, plus ou moins fidèle, à ces traditions.
La forme contemporaine doit beaucoup aux années 1970, lorsque les groupes de « prise de conscience » féministes réunissaient des femmes pour mettre en mots leur expérience, et aux années 1990-2000, lorsque des autrices ont popularisé l'idée de cercles de femmes comme espace de soutien et de transformation. Le livre de la psychiatre américaine Jean Shinoda Bolen, The Millionth Circle (1999), a beaucoup circulé dans ce milieu ; le roman d'Anita Diamant, La Tente rouge (1997), a donné son nom à une forme particulière, la tente rouge.
En France, les cercles se sont multipliés depuis une quinzaine d'années, portés par les doulas, les sages-femmes, les praticiennes du bien-être, les professionnelles de l'accompagnement et des associations. Aucune fédération ne les recense : c'est précisément pour cela que cet annuaire existe.
Les grandes familles de cercles
Dans notre annuaire de 403 adresses, les formes se répartissent ainsi :
- Le cercle de parole, de loin le plus courant (295 fiches). Parole libre ou thème du jour, peu ou pas de rituel, souvent une fois par mois.
- Le cercle de sacré féminin (80 fiches), qui assume une dimension spirituelle : rituels, archétypes, rapport au corps et aux cycles.
- Le cercle de lune (49 fiches), qui se réunit à la nouvelle ou à la pleine lune. Voir notre guide des cercles de lune.
- Le cercle de saison (39 fiches), calé sur les solstices et équinoxes.
- La tente rouge (24 fiches), orientée vers la transmission entre générations autour du corps et des cycles.
- Les cercles thématiques : maternité et post-partum, ménopause, deuil, création. Plus rares, ils réunissent des femmes qui traversent la même étape.
Ce qu'un cercle n'est pas
Ce n'est pas une thérapie de groupe. Une thérapie de groupe est conduite par un professionnel de santé, avec un objectif de soin. Le cercle vise le partage et le soutien mutuel ; il peut faire du bien, mais il ne soigne pas, et une organisatrice sérieuse le rappelle.
Ce n'est pas un club de rencontre. On ne vient pas pour se faire des amies, même si cela arrive. Le cadre (confidentialité, absence de commentaire) crée une intimité particulière, qui n'a pas vocation à se prolonger hors du cercle si l'on ne le souhaite pas.
Ce n'est pas un cours. L'organisatrice ne transmet pas un savoir à des élèves : elle tient un espace. Les cercles qui ressemblent surtout à une conférence ou à la promotion d'une méthode s'éloignent de l'esprit du cercle.
Ce n'est pas une communauté fermée. On vient, on revient, ou pas. Un cercle qui culpabilise celles qui ne reviennent pas, ou qui demande un engagement financier lourd dès la première fois, doit inviter à la prudence. Nos repères pour un cercle sûr détaillent ces signaux.
Pourquoi entre femmes ?
La question revient souvent. La réponse des organisatrices tient en peu de mots : certains sujets se disent plus facilement entre personnes qui partagent une expérience. Les règles, la grossesse, l'accouchement, la ménopause, la charge mentale, les violences subies, la place dans la famille ou au travail. Le cercle non mixte n'est pas une exclusion de principe, c'est un choix de cadre, comme un groupe de parole réservé aux parents endeuillés ou aux aidants. Il existe d'ailleurs des cercles d'hommes, construits sur le même modèle, et quelques cercles mixtes, que cet annuaire ne recense pas.
Comment trouver un cercle près de chez soi
Les cercles s'annoncent rarement là où on les cherche : un site personnel, un compte Instagram, un groupe Facebook, un agenda d'office de tourisme. Nous les avons rassemblés par région et, quand ils sont assez nombreux, par département. Chaque fiche renvoie vers l'organisatrice, qui donne les dates et prend les inscriptions. Si c'est votre première fois, lisez d'abord ce qu'il faut savoir avant un premier cercle.
Questions fréquentes
- Quelle différence entre un cercle de femmes et un groupe de parole ?
- Le principe est proche : un tour de parole dans un cadre confidentiel. Le groupe de parole est souvent animé par une structure (association, hôpital) autour d'une difficulté précise ; le cercle de femmes est plus libre dans ses thèmes et ajoute parfois des rituels.
- Faut-il être spirituelle pour participer ?
- Non. Beaucoup de cercles sont laïques. Ceux qui ont une dimension spirituelle le disent en général dans leur présentation.
- Un cercle peut-il être gratuit ?
- Oui. Une partie des cercles de l'annuaire fonctionne à prix libre ou gratuitement, surtout ceux portés par des associations et des centres sociaux.
Sources : présentations publiées par les organisatrices recensées ; Jean Shinoda Bolen, The Millionth Circle, Conari Press, 1999 ; Anita Diamant, The Red Tent, St. Martin's Press, 1997. Répartition par type calculée sur les fiches de l'annuaire (une fiche peut relever de plusieurs types).